Estimer la qualité d’un minéral

Les conseils du Mange Cailloux

Smithsonite Par instinct, le novice est attiré par ce qui étincelle ou par les couleurs les plus vives. En second lieu, s’il est acheteur, il aura tendance à sélectionner à tort les pièces les plus volumineuses ou les moins chères, ce qu’il risque de regretter un jour. (Attention ! Les spécimens les plus chers ne sont pas non plus nécessairement les plus intéressants). Parfois aussi, des détaillants pas assez rigoureux distribuent des prix à leurs échantillons simplement en fonction de leur volume, de leur brillance et du nombre de cristaux. Estimer un minéral s’avère beaucoup plus subtil que cela. Les critères de qualité sont multiples et il est rare qu’ils soient tous réunis en un même échantillon. Ceci explique d’ailleurs en bonne partie pourquoi les spécimens parfaits atteignent des prix mirobolants.

En premier lieu, l’intérêt d’une pièce dépend bien sûr de sa nature, c’est-à-dire de l’espèce minéralogique et de son éventuelle variété. Selon ses qualités esthétiques et ses propriétés, l’espèce est plus ou moins demandée. Les minéraux stables et durs bénéficient d’une meilleure estime que les minéraux tendres, trop fragiles ou instables. Les minéraux colorés et brillants sont plus convoités que les minéraux ternes. Au-delà de l’espèce proprement-dite, c’est sur une quinzaine de critères de qualité qu’il faut fonder son choix :

Les principaux critères de qualité :

- La présence ou l’absence de dommages. Le premier élément à examiner lorsque nous sélectionnons un minéral est l’absence de défauts liés à un choc ou à une abrasion. La moindre dégradation, qu’il s’agisse d‘une brisure, d’une esquille, d’une fêlure, d’une rayure, d’un clivage ou de l’empreinte témoin d’un cristal cassé retire à un échantillon l’essentiel de sa valeur. Les impacts laissent souvent d’abominables marques blanches tandis que les cassures bouleversent le parcours de la lumière au sein des cristaux, modifiant la couleur et réduisant la transparence. Un cristal ébréché ou criblé d’impacts perd autant d’intérêt cristallographique que de fraîcheur.

- Esthétique globale de la pièce : les contours. Sauf petite taille, un spécimen de qualité se découvre sans effort ; il courtise notre regard. Ce n’est pas un œil attentif qui le repère, mais sa beauté qui vient nous subjuguer. En principe, les pierres aux contours trop ronds ou trop carrés ne produisent pas une très bonne impression. L’œil a en effet tendance à se fixer sur ce qu’il reconnaît, ne percevant qu’en second lieu ce qui lui est nouveau. Une silhouette trop régulière perturbe donc la lecture de ce qui fait réellement l’échantillon. Des contours irréguliers (mais pas trop) ou originaux mettent au contraire en évidence la splendeur des cristallisations. On ne peut évidemment pas reprocher à un cristal individuel d’être trop géométrique, cela reviendrait à lui reprocher d’être trop parfait. Mais on peut regretter son isolement. Un cube de pyrite sur une gangue contrastée aura meilleure allure qu’un cube isolé.

- Esthétique globale de la pièce : le relief général. J’entends par relief général d’un échantillon son développement dans les 3 dimensions de l’espace. Un bon relief correspond à une configuration spatiale harmonieuse de l’ensemble de l’échantillon, quel que soit l’angle sous lequel il est observé. Trop souvent minoré, ce caractère excessivement important oppose les pièces plates qui, même exposée débout, semblent s’effacer, aux pièces galbées ou bosselées, plus rayonnantes. Un relief trop ravagé peut néanmoins altérer la lisibilité des cristaux.

- La pureté et la limpidité des minéraux transparents. Toujours pour des raisons esthétiques, un cristal trouble ou taché d’impuretés est généralement moins apprécié qu’un cristal parfaitement limpide. Il arrive toutefois que de fines cristallisations incluses dans un cristal augmentent l’impression de pureté de leur hôte.

- La présence ou l’absence de gangue. Si une gangue n’est pas toujours indispensable, au moins deux raisons justifient qu’on sélectionne les cristaux plutôt sur gangue qu’isolés : tout d’abord, une gangue contrastée et bien proportionnée met incontestablement en relief un cristal, à condition bien sûr que celui-ci soit bien posé sur sa gangue et pas couché, ni englobé. Ensuite, un cristal isolé est bien souvent un cristal cassé. Rares sont en effet les espèces capables de fournir des cristaux complets et terminés à chaque extrémité. Ils sont encore moins nombreux à tenir debout sans support. Alors quitte à avoir un support, autant qu’il soit naturel.

- Position d’un cristal sur sa gangue. Comme précisé ci-dessus, un cristal couché sur sa gangue manque d’esthétique. S’il est seul, il ne doit pas non plus être trop éloigné du centre de la pièce. En fait, les règles de la photographie s’appliquent également aux minéraux : un sujet centré sur une photographie ou complètement excentré n’est pas mis en valeur. Sa position idéale se situe dans les tiers de l’image. Il en va de même pour les minéraux.

- Un bon rapport de dimensions entre l’échantillon et ses cristaux. Un gros cristal détaché de sa gangue ou surdimensionné par rapport à sa gangue présente mal. Inversement, un petit cristal isolé sur une gangue volumineuse n’est pas mis en valeur. La grande dimension d’une pièce n’est pas, comme beaucoup de néophytes ont tendance à le croire, forcément une qualité justifiant un prix élevé. En effet, un ensemble de petits cristaux n’a pas davantage d’intérêt sur une grosse pièce que sur une plus petite.

- Perfection des formes cristallines. Un cristal parfaitement développé a disposé de suffisamment d’espace pour croître sans entrave. Il affiche des arêtes vives et des faces nettes. Plus la géométrie d’un cristal est achevée et caractéristique de l’espèce, plus l’échantillon s’avère intéressant. Tous les minéraux, cependant, n’existent pas sous forme de cristaux nets.

- Un éclat vif. Un minéral ne peut être spectaculaire sans éclat. Les surfaces ternes ne sont donc guère estimées en minéralogie.

- Une couleur soutenue (pour les espèces colorées). Nombre d’amateurs n’achètent des minéraux que pour leurs qualités esthétiques. Une couleur vive est toujours un plus.

- Une couleur homogène La perfection d’un cristal implique souvent son homogénéité. Rares sont les minéraux à susciter davantage d’intérêt lorsqu’ils présentent plusieurs couleurs : il s’agit surtout de la fluorite à teintes concentriques, des quartz à fantômes et de l’elbaïte (tourmaline lithinifère) dont les couleurs étagées augmentent considérablement la valeur.

- La dimension de la pièce et de ses éventuelles cristallisations. La grande dimension d’un minéral ou d’un cristal est un atout dès lors que la qualité cristalline reste irréprochable. Mais il est rare qu’un spécimen de taille exceptionnelle réponde également aux autres critères de qualité. Plus il est gros, plus il a de risque d’être cassé, mal développé et impur.

- L’origine de la pièce. A qualité égale, un minéral en provenance d’une localité classique et ancienne trouve plus facilement acquéreur qu’un minéral extrait d’un site actuel.

- Les associations de minéraux contrastées. Parce qu’ils prennent naissance dans les mêmes conditions, certains minéraux se trouvent communément réunis. La fluorite, par exemple, se lie surtout à la baryte. L’axinite côtoie couramment l’épidote. Les associations de minéraux sont plutôt appréciées par le collectionneur, plus particulièrement lorsque leurs formes et couleurs discordantes les mettent mutuellement en valeur. Ceci dit, une trop grande variété d’espèces peut aussi embrouiller la perception globale de l’échantillon.

Autres critères influant sur le prix :

- La rareté et le niveau de l’offre. Il serait trop simpliste de prétendre qu’un minéral rare est cher. Naturellement une espèce rare et recherchée est chère. Mais une espèce peu connue et peu esthétique peut être très bon marché quelle que soit sa rareté dans la mesure où la demande n’existe pratiquement pas.

- Origine de la pièce. A qualité égale, un minéral en provenance d’une localité classique et ancienne trouve plus facilement un acquéreur qu’un minéral extrait d’un site actuel.

- Couleurs et formes atypiques. Tout ce qui est à la fois rare et beau est convoité. Le béryl rouge, par exemple, est aussi rare que ruineux.

- Les macles. Les macles sont des combinaisons géométriques de cristaux d’un même minéral suivant des règles strictes et constantes. Certaines de ces combinaisons sont classiques comme la macle par accolement à 60° (en gouttière) de la cérusite ou les macles par interpénétration (en croix à 60° ou 90°) de la staurolite. D’autres sont exceptionnelles à l’image de la macle en genou du zircon. Rare ou ordinaire, une macle est toujours un plus.

Attention ! Beaucoup d’amateurs désignent sous le nom de macles des groupes de cristaux qui n’en sont pas. Une macle respecte des règles géométriques très strictes et constantes.


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